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Tinder et Zoom proposent des scans de l’iris comme « preuve d’humanité » pour lutter contre l’IA

Tinder va permettre à ses utilisateurs de prouver qu’ils sont bien humains et non des robots, en intégrant à son application une technologie avancée de scan de l’iris, alors que les inquiétudes liées à l’IA ne cessent de grandir.

Les utilisateurs de l’application de rencontre, mais aussi ceux d’autres grandes plateformes comme le service de visioconférence Zoom, pourront scanner leur iris afin d’obtenir un badge de « preuve d’humanité » affiché sur leur profil ou à côté de leur nom.

Grâce à une application en ligne ou à un appareil de scan en forme d’orbe exploité par le réseau World, les personnes pourront soumettre leur iris, c’est-à-dire la partie colorée de l’œil, afin de confirmer qu’elles sont bien humaines.

World, anciennement connu sous le nom de Worldcoin, fait partie de Tools for Humanity, une start-up cofondée et présidée par Sam Altman, qui dirige également OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT.

Une fois qu’une personne est reconnue comme humaine par cette technologie, elle reçoit un code d’identification unique, stocké sur son smartphone et considéré comme son World ID.

Une nouvelle application World ID, ainsi que les partenariats avec Tinder et Zoom, ont été dévoilés lors d’un événement en direct organisé vendredi à San Francisco.

Une démonstration marquée par les deepfakes

L’événement a commencé par la projection d’une vidéo sur plusieurs grands écrans dans un petit auditorium. On y voyait plusieurs journalistes célèbres, dont Walter Cronkite, Dan Rather et Larry King, ainsi que l’ancien président américain Ronald Reagan.

Tous apparaissaient à partir d’images d’archives modifiées par l’IA, de manière à donner l’impression réaliste qu’ils parlaient de la nécessité de disposer d’un moyen d’identifier qui est humain sur internet.

Sam Altman est ensuite brièvement monté sur scène sous les applaudissements d’un public de quelques centaines de personnes.

Il a déclaré qu’il y aurait bientôt « plus de contenus produits par l’IA que par les humains » en ligne.

« Je n’ai pas peur de l’avenir tant que nous sommes capables de faire la différence entre les deux », a-t-il ajouté.

Tinder et Zoom face à la montée des faux profils

Tinder et Zoom ont été davantage confrontés, au cours des deux dernières années, à des comptes et à des utilisateurs faux ou malveillants, à mesure que les progrès de l’IA ont facilité l’imitation de la parole, de la voix et de l’apparence humaines.

Sur Tinder, les faux profils, souvent appelés « bots », servent généralement à soutirer de l’argent ou des informations personnelles aux utilisateurs.

Une utilisatrice, Victoria Brooks, a écrit l’an dernier sur son blog personnel qu’elle avait le sentiment que Tinder était envahi par des bots cherchant à escroquer les gens.

Selon son estimation, 30 % des profils Tinder qu’elle avait croisés étaient des « arnaqueurs romantiques optimisés par algorithme, renforcés par l’IA et manipulateurs sur le plan émotionnel ».

Ces comptes automatisés ne se contentent pas d’utiliser de fausses photos de profil. Ils s’appuient aussi sur des scripts générés par l’IA pour converser avec de vrais utilisateurs.

D’après la Federal Trade Commission, les arnaques sentimentales ont entraîné plus de 1 milliard de dollars de pertes aux États-Unis l’an dernier.

Fin d’année dernière, Tinder a commencé à exiger de tous les utilisateurs l’envoi d’un selfie vidéo pour confirmer qu’il s’agissait bien de personnes réelles. L’intégration de World ID représentera une méthode supplémentaire de vérification pour ceux qui souhaiteront l’utiliser.

Yoel Roth, chargé de la confiance et de la sécurité chez Match Group, la maison mère de Tinder, a expliqué qu’un « partenariat avec World ID est une étape logique supplémentaire » pour aider les utilisateurs à « savoir que la personne en face est réelle ».

Zoom veut limiter les risques liés aux deepfakes

Zoom, largement utilisé pour les visioconférences en environnement professionnel, s’inquiète davantage de deepfakes de plus en plus sophistiqués représentant des personnes connues de l’utilisateur.

En 2024, à Hong Kong, un employé a été convaincu par des deepfakes vidéo du directeur financier de son entreprise et de plusieurs collègues de transférer 25 millions de dollars.

Une étude de Deloitte indique que les fraudes financières menées à l’aide de ce type d’arnaques par deepfake pourraient atteindre 40 milliards de dollars d’ici 2027 aux seuls États-Unis.

Toute personne disposant désormais d’un World ID aura la possibilité de l’utiliser sur Zoom pour montrer qu’elle est bien la personne qu’elle prétend être.

Une entreprise qui change de nom, mais pas de technologie

World en est à son troisième changement de nom depuis le lancement de cette technologie d’authentification.

Lors de son lancement public en 2022, l’entreprise s’appelait Worldcoin et avait lancé une cryptomonnaie portant le même nom. En 2024, elle est devenue World Network, avant d’être raccourcie en World l’an dernier.

World utilise l’iris pour confirmer l’identité, car l’entreprise estime qu’il s’agit de la partie la plus unique d’une personne, encore plus qu’une empreinte digitale.

La société présente également cette méthode de vérification comme anonyme, en assurant qu’aucune donnée personnelle, comme un nom ou une adresse, n’est nécessaire.

World a indiqué que 18 millions de personnes avaient déjà été vérifiées via World ID et que cette vérification avait été utilisée 450 millions de fois.

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