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Google poursuit SerpApi pour le scraping des résultats de recherche

Google a récemment annoncé avoir déposé une plainte contre SerpApi pour scraping massif des résultats de recherche Google. Le géant de la recherche accuse SerpApi d’exploiter une activité illégale, capable de contourner les mesures de sécurité mises en place par Google afin d’extraire les résultats de recherche à une échelle jugée hors norme.

Selon Google, le modèle économique de SerpApi est « parasitaire ». L’entreprise utiliserait des procédés automatisés pour aspirer les données de services tiers, générant des milliards de requêtes artificielles, avant de copier et de revendre les réponses obtenues, sans jamais compenser les plateformes ciblées pour l’utilisation de leurs ressources ni pour les coûts induits sur leurs infrastructures.

« SerpApi n’indemnise pas les services qu’elle scrape pour les contenus récupérés ou pour la charge massive imposée à leurs systèmes informatiques. Son scraping viole systématiquement les accords d’utilisation et contourne les restrictions d’accès communiquées aux robots via les instructions robots.txt », affirme Google dans sa plainte.

Des requêtes factices pour contourner les protections

Google affirme que SerpApi utilise des centaines de millions de fausses requêtes de recherche, conçues pour imiter le comportement humain. Cette technique permettrait de bypasser les CAPTCHA et autres défenses automatisées mises en place pour empêcher les bots de submerger les systèmes de Google.

L’entreprise de Mountain View estime que cette activité représente une charge considérable pour son infrastructure et une violation répétée de ses mécanismes de protection.

Une API jugée trompeuse par Google

SerpApi commercialise une offre baptisée « Google Search API », destinée à des clients tiers. Google juge cette appellation trompeuse, soulignant qu’aucune API publique officielle n’existe pour accéder à ce type de données de recherche.

Selon Google, SerpApi vend en réalité un accès détourné à son moteur de recherche propriétaire, en exploitant des failles et des contournements techniques.

Des violations présumées du DMCA et des conditions d’utilisation

Google soutient que ses systèmes de sécurité, comme SearchGuard, constituent des mesures technologiques de protection contrôlant l’accès à des œuvres protégées par le droit d’auteur. En les contournant, SerpApi violerait la section 1201 du DMCA.

La plainte évoque également des infractions répétées aux conditions d’utilisation de Google, qui interdisent strictement le scraping automatisé et l’usage de proxys destinés à masquer l’identité des utilisateurs. Google reproche à SerpApi de profiter des investissements colossaux réalisés pour organiser l’information mondiale, sans contribuer à l’écosystème ni en respecter les règles.

« Google estime que SerpApi envoie chaque jour des centaines de millions de requêtes de recherche artificielles. Sur les deux dernières années, ce volume aurait augmenté jusqu’à 25 000 % », affirme l’entreprise.

Des dommages financiers potentiellement hors de portée

Google estime également que SerpApi ne serait pas en mesure de régler les dommages réclamés. L’entreprise précise qu’elle peut exiger soit la réparation intégrale de son préjudice et des profits réalisés par SerpApi, soit des dommages légaux allant de 200 à 2 500 dollars par infraction.

« Le préjudice subi par Google ne pourra pas être réparé par une simple indemnité légale, car SerpApi serait incapable de la payer. L’entreprise générerait quelques millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, tout en faisant face à une responsabilité financière de plusieurs ordres de grandeur supérieurs et en constante augmentation », conclut Google dans sa plainte.

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