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IoT & M2M : au-delà de l’objet, l’enjeu stratégique de la donnée

Le secteur de l’Internet des Objets (IoT) et du Machine-to-Machine (M2M) a radicalement changé de visage ces deux dernières années. Nous sommes sortis de l’ère de la curiosité technologique, où l’on connectait des objets pour la simple prouesse technique, pour entrer dans une phase de maturité industrielle. 

Aujourd’hui, dans le tertiaire comme dans l’industrie, la donnée est devenue un actif à part entière, au même titre que le parc machine ou les mètres carrés immobiliers. Mais cette transition vers le « tout connecté » ne se fait pas sans heurts. Entre la fragmentation des protocoles, les impératifs de cybersécurité et la nécessité de rentabiliser les investissements, les entreprises font face à un véritable casse-tête architectural.

La fin de l’expérimentation : le besoin de robustesse

Pendant longtemps, le marché a été inondé de capteurs bon marché et de solutions logicielles fragmentées. Beaucoup d’entreprises ont lancé des projets pilotes qui, s’ils fonctionnaient en laboratoire, s’effondraient une fois déployés à grande échelle sur un site industriel. Pourquoi ? Parce que le terrain ne pardonne pas. Sur le terrain, nous observons régulièrement que des projets validés en phase pilote échouent lors du passage à l’échelle, non pas à cause du capteur lui-même, mais de contraintes physiques ou radio sous-estimées dès le départ.

L’enjeu n’est donc plus de choisir un capteur sur une fiche technique, mais de concevoir une infrastructure résiliente. C’est ici que les technologies radio à basse consommation, le LoRaWAN (protocole de communication longue portée et peu énergivore) en tête, ont pris l’ascendant. En permettant une pénétration profonde dans les bâtiments et une portée de plusieurs kilomètres en champ libre, elles offrent enfin une solution viable pour le monitoring énergétique ou la maintenance prédictive. Mais installer une passerelle ne suffit pas ; il faut s’assurer que cette dernière est capable de traiter des flux de données critiques sans latence et avec une sécurité totale.

L’interopérabilité, le verrou du Smart Building

Le secteur du bâtiment est sans doute celui où la complexité est la plus grande. Un bâtiment moderne est une accumulation de strates technologiques héritées de différentes époques. On y trouve du BACnet (protocole dédié à la gestion technique du bâtiment) pour la gestion thermique, du Modbus (protocole largement utilisé dans l’industrie pour les équipements électriques) pour les compteurs électriques, et parfois des protocoles plus anciens comme le M-Bus (protocole historique de comptage). Faire parler ces systèmes entre eux a longtemps été le Graal des intégrateurs.

Aujourd’hui, la rupture vient de la capacité à créer des passerelles intelligentes. Des solutions comme celles proposées par Wattsense ou Adeunis ne se contentent plus de faire transiter l’information ; elles la traduisent. En uniformisant les protocoles, elles permettent enfin de piloter un bâtiment de manière globale.

Imaginons un instant : les données de température remontées par des vannes connectées MClimate peuvent désormais interagir en temps réel avec la production de froid ou de chaud, ajustant la consommation au plus juste du besoin réel. C’est cette convergence, et non la simple pose de capteurs, qui définit un bâtiment réellement « intelligent ».

Cybersécurité et télémaintenance : la ligne de front

Avec l’ouverture des réseaux industriels vers le monde extérieur, la question de la cybersécurité est passée du statut de préoccupation secondaire à celui de priorité absolue. Pour une usine, ouvrir un accès réseau pour permettre à un prestataire de maintenir une machine à distance est un risque immense. Pourtant, c’est aussi une nécessité économique vitale pour réduire les temps d’arrêt de production.

Le marché a répondu à ce défi par la création de solutions d’accès à distance hautement sécurisées, à l’image des technologies développées par Ewon. L’idée est de créer des tunnels chiffrés sortants, c’est-à-dire des connexions sécurisées initiées depuis le site industriel, sans exposition directe du réseau interne sur Internet.

Cette approche s’inscrit dans les bonnes pratiques de cybersécurité industrielle, telles que décrites dans les recommandations de l’ANSSI.

Elle permet aux experts d’intervenir comme s’ils étaient physiquement devant la machine, tout en garantissant une traçabilité complète des accès et une isolation stricte des flux. Dans un contexte de raréfaction des compétences techniques, cette capacité à projeter une expertise à distance, sans risque de compromission cyber, constitue un avantage concurrentiel majeur.

Nous constatons depuis plusieurs années que la valeur d’un projet IoT ne se joue plus sur la connectivité seule, mais sur la capacité à exploiter la donnée de manière fiable et durable.

Le rôle pivot de l’accompagnement technique

Dans nos échanges avec les intégrateurs, une réalité revient systématiquement : sans accompagnement technique en amont, même les meilleures solutions deviennent sources de frustration et de surcoûts.

Face à cette complexité croissante, le rôle du distributeur a dû se réinventer. Nous ne pouvons plus nous contenter de vendre du matériel comme on vendrait des fournitures de bureau.

Le choix d’un capteur LoRaWAN pour mesurer la qualité de l’air ou le taux de remplissage d’une cuve dépend de variables infinies : environnement radio, autonomie souhaitée, fréquence de remontée, mode d’alimentation.

Le succès d’un projet repose désormais sur la qualité de l’accompagnement en amont. Un partenaire technique ne se contente pas de fournir une référence ; il valide la chaîne de valeur complète, de l’objet jusqu’à la plateforme de supervision. C’est cette expertise métier qui permet d’éviter les pièges classiques de l’IoT industriel, comme la saturation des passerelles ou la perte de paquets de données.

Des acteurs spécialisés comme Aurecom se sont imposés sur ce segment en agissant comme des facilitateurs. En sélectionnant rigoureusement les marques stratégiques de leur catalogue et en apportant une couche de support technique pointue, ils sécurisent les déploiements de leurs clients. Ce n’est plus seulement une question de distribution, c’est une question de confiance dans la pérennité du système installé.

Vers une industrie durable et pilotée par la donnée

L’autre grand moteur de l’IoT en 2026 est évidemment la transition écologique. La hausse des coûts de l’énergie et les réglementations de plus en plus strictes sur l’empreinte carbone imposent une mesure fine de chaque kilowatt consommé. On ne peut pas améliorer ce que l’on ne mesure pas. L’IoT est l’outil ultime de cette mesure.

En équipant des infrastructures vieillissantes de capteurs de sous-comptage sans fil, les entreprises peuvent identifier en quelques jours des fuites, des anomalies de consommation ou des gaspillages majeurs. La donnée brute devient alors un outil de management environnemental. Cette capacité à « réveiller » des équipements passifs grâce à la connectivité M2M est sans doute la plus grande opportunité de la décennie pour l’industrie européenne.

Conclusion : L’heure du choix

Investir dans l’IoT est aujourd’hui une nécessité stratégique, mais c’est un investissement qui doit s’inscrire dans le temps long. La tentation du « low-cost » ou de la solution propriétaire fermée est souvent le plus court chemin vers l’obsolescence. Pour réussir sa transformation numérique, l’entreprise doit s’entourer de partenaires qui maîtrisent l’ensemble de l’écosystème, de la robustesse physique du capteur à la sécurité du transport de la donnée.

Le paysage industriel de demain sera connecté, c’est une certitude. Mais il sera surtout piloté par ceux qui auront su construire des ponts solides entre leurs actifs matériels et leur intelligence numérique. Dans cette quête de performance, le choix des équipements et de l’expertise qui les accompagne restera, plus que jamais, le facteur déterminant.

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