Meta s’apprête à opérer une réduction significative de ses effectifs au sein de Reality Labs, sa division dédiée à la réalité virtuelle. D’après le New York Times, environ 10 % des salariés de cette entité, qui compte près de 15 000 employés, devraient être licenciés dans les prochains jours. Cette restructuration, attendue dès demain, marque un virage stratégique clair pour le groupe, qui semble désormais tourner la page du métavers afin de concentrer ses efforts et ses investissements sur l’intelligence artificielle.
Les suppressions de postes ne concerneront pas l’ensemble de Meta de manière uniforme, mais viseront principalement les équipes travaillant sur les casques de réalité virtuelle et sur le réseau social en VR. Bien que ces coupes restent limitées à l’échelle globale des quelque 78 000 employés du groupe, leur impact sera particulièrement fort pour Reality Labs, où la proportion de départs pourrait même dépasser les 10 %. Andrew Bosworth, directeur technologique en charge de la division, a d’ailleurs convoqué une réunion présentée comme cruciale, exigeant la présence physique des équipes.
Ce coup d’arrêt intervient après des années d’investissements massifs dans la réalité virtuelle, sans véritable adoption grand public. Malgré des dizaines de milliards de dollars engagés depuis le rachat d’Oculus en 2014 et le changement d’identité de Facebook en Meta en 2021, les casques VR n’ont jamais rencontré le succès espéré.
Les ressources libérées par cette restructuration doivent permettre à Meta d’accélérer dans l’intelligence artificielle. Mark Zuckerberg souhaite renforcer les moyens alloués à la recherche, notamment au sein de laboratoires spécialisés visant le développement d’une IA de nouvelle génération. Parallèlement, la division des appareils portables, comme les lunettes connectées Ray-Ban intégrant caméra et assistant IA, devrait être préservée, portée par des ventes jugées encourageantes.
Cette réorientation répond aussi aux attentes des marchés financiers, inquiets face à l’envolée des dépenses liées à l’IA. En réduisant la voilure sur la VR, Meta cherche à démontrer sa capacité à arbitrer ses priorités et à maîtriser ses investissements.